dimanche 19 avril 2009

Histoire du radeau de la Méduse

En 1816, après Waterloo, Louis XVIII se réinstalle sur le trône de France. Le Sénégal vient d'être restitué à la France par les Britanniques. Le 17 juin une flottille appareille de l'île d'Aix avec la frégate La Méduse sous les ordres du commandant Hugues Duroy de Chaumareys, à son bord le futur gouverneur du Sénégal, le colonel Julien Schmaltz, accompagné de sa femme Reine Schmaltz, de leur fille, de scientifiques, de soldats et de colons.

Le commandant Chaumareys n'a pas été choisi pour ses compétences mais pour son allégence au roi, il n'a pas pris la mer depuis plus de vingt ans! Son inexpérience, les états de services sous l'ancien régime du commandant créent un climat de suspicion et de haine, la plus grande partie de l'équipage étant composée de jacobins et de républicains. Chaumareys doit contourner le banc d'Anguin responsable de nombreux naufrage, la Méduse doit s'éloigner des côtés mais le commandant fait une erreur de calcul d'une centaine de kilomètre qui jette le navire en plein coeur du banc de sable. La Méduse échoue sur le banc d'Arguin, à 160 km de la côte mauritanienne. Les opérations de déséchouage se passent mal. L'évacuation du navire est décidée.

Les six chaloupes ne suffisent pas pour les 409 passagers du navire. L'on décide de construire un radeau de long de 20 mètres et large de 7. L'embarcation, incontrôlable sera remorquée par les autres canots.



La répartition des passagers et des marins entre les canots et le radeau se fera en fonction dont leur statut social et de leur allégeance au régime en place. 233 passagers privilégiés, dont Chaumareys, Schmaltz et sa famille, embarquent sur six canots et chaloupes, 150 marins, soldats et passagers de basse condition doivent quant à eux s'entasser sur le radeau avec peu de vivres. Dix-sept marins préfèreront rester à bord.

Très vite l'on se rend compte que le radeau empêche les canots d'avancer. Lorsque l'amarre qui relie le radeau aux canots rompt "accidentellement", le commandant décide de ne pas aller à son secour et laisse le radeau partir à la dérive. Le calvaire des passagers du radeau qui va durer douze jours peut alors commencer.

Deux nuits consécutives la tempête fit rage, emportant les hommes qui s'accrochaient les uns aux autres. Au milieu de cette horreur, des soldats s'enivrèrent et, pris de désespoir, voulurent détruire le radeau en coupant les cordes qui le tenaient assemblé. De sauvages bagarres se déclenchèrent et les mutins furent jetés à la mer. Il restait, le troisième jour, soixante personnes qui avaient encore de l'eau jusqu'aux genoux et que la faim et la soif commencèrent à faire délirer.

Ne pouvant se satisfaire de mâcher le cuir des baudriers et des chapeaux, on en vint à manger des morceaux de cadavre. On finit par les mettre à sécher pour en faire une réserve de nourriture. Certains firent une conspiration pour fuir avec un sac de richesses sauvé du naufrage en construisant à partir du radeau une petite embarcation. Nouvelle bagarre, nouveaux blessés.

Le septième jour, on jeta à l'eau les blessés qui n'avaient plus aucune chance de survie. Le dixième jour plusieurs tentèrent de se suicider. Le treizième jour enfin, un bateau parut à l'horizon mais ne vit pas les signaux des malheureux.

Le 17 juillet le radeau est repéré, quinze rescapés restent à bord cinq mourront dans les jours qui suivent. Sur les 17 marins restés à bord de la méduse 3 ont survécus. La majorité des naufragés qui avaient pu prendre les canots de sauvetage ont quant à eux survécu, il n'avait en effet fallu que quelques jours aux canots pour rejoindre la côte.

Le Journal des Débats publie le témoignage du chirurgien Savigny, l’un des rescapés du radeau. Il dépeint les violences extrêmes auxquelles ses compagnons et lui-même ont été réduits. Le récit soulève une immense émotion dans l’opinion publique.

Le commandant et les officiers passent en cour martiale. Hugues de Chaumareys est dégradé. Il écope de trois années de prison.

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